Bonnes feuilles

Salih Benkobbi

1/ On dit généralement que le lieu de naissance, les origines et les événements de l´époque influencent quelque part l´écrivain. Qu´en pensez-vous et avez-vous été vous-même influencé par cela dans vos écrits ?
Je m’empresse de répondre par l’affirmative. Les gens ne peuvent en effet, qu’être en très grande partie, le fruit de leur milieu, des évènements qu’ils auront vécus et également de leur propre caractère. Je ne peux donc faire exception à cette règle générale ni dans ma conduite, ni dans ce que je peux exprimer verbalement ou par écrit.

2 / Qu´est-ce qui vous a poussé à écrire et dans quel courant de pensée écrivez-vous ?

Les raisons qui m’ont incité à écrire découlent de mon appartenance à une époque particulièrement riche en évènements marquants sur le double plan interne et international, mais quasiment dépourvue de témoins du terroir, en mesure de les restituer par écrit à ceux qui les auront vécus ou de les transmettre aux générations futures, surtout face à la dislocation grandissante de la cellule familiale, auparavant haut lieu de la préservation des coutumes et de la mémoire collective. Les progrès de la scolarisation de par le monde auraient pu suppléer aux carences de la tradition orale caractéristique de notre société, mais l’occupation coloniale a longtemps privé la majorité des Algériens de tout enseignement. La mort prématurée de certains acteurs susceptibles par leur niveau de formation et leur active participation aux évènements tels Amara Rachid, Allaoua Benbaatouche, Abbane Ramdane, et la mobilisation à l’indépendance d’autres comme Ben Yahia, Ait Chaalal, les frères Baghli, par le mission de créer un Etat et de vite l’insérer dans le concert des Nations, ont fait le reste.
C’est donc pour suppléer à tous ces déficits qu’à l’instar de quelques survivants de mon âge, je m’essaye, même sans qualification, à la délicate tâche d’écrivain. Par ailleurs, si ma carrière professionnelle a été entièrement dévolue aux différentes missions du ministère des Affaires étrangères, je ne suis pas moins resté tributaire de ma formation initiale d’enseignant, porté en toute circonstance, au partage de tout savoir avec autrui. D’où mon active participation à toute entreprise culturelle d’études et de transmission du savoir, au sein de mon ministère propre et de l’Ecole nationale d’Administration, ou lors des séminaires organisés par la Fondation Emir Abdelkader, le ministère des moudjahidine, l’INESG, le Conseil supérieur islamique ou celui de la Langue arabe.

3 / En quelques mots, présentez-nous votre production parue aux éditions ANEP.

L’Anep m’a édité deux livres. Le premier en langue nationale, intitulé La diplomatie algérienne entre hier et aujourd’hui, est le recueil de certaines des conférences que j’ai données dans les différentes institutions précédemment citées et portent notamment sur l’évolution de la diplomatie algérienne à travers le temps, sur le rôle de l’Algérie dans la diffusion de la religion musulmane en Afrique subsaharienne, son encadrement, et sa renaissance, et enfin sur l’Islam politique, ses multiples expressions partisanes et les graves manipulations dont il fait maintenant l’objet pour consolider un nouvel ordre mondial unipolaire, inféodé à Washington.
Le second essai a paru en français avec pour titre Une époque pas comme les autres. Il a pour but essentiel de rappeler le sort bien singulier de cette génération du 1er Novembre, véritable résumé de l’histoire, qui a su réaliser l’aspiration d’un peuple à l’indépendance nationale et à la restauration de son Etat, mais dont le sublime message ne semble pas avoir trouvé son chemin en direction des générations montantes. Y a-t-il drame plus terrible pour nous tous, que de voir, au lendemain d’une indépendance très chèrement acquise, certains de nos jeunes vouloir donner la mesure de leur courage et de leur sens du sacrifice, dans les actions iconoclastes du GIA et autre Al Qaïda, ou l’exode suicidaire vers les rivages de cette Europe inhospitalière et souvent revancharde.

4 /Dans vos différentes lectures, quel est l´ouvrage qui vous a le plus marqué ?
L’œuvre qui m’a le plus marqué est cette encyclopédie établie au début du siècle passé par Ahmed Amin à commencer par Fajr al Islam et portant sur l’histoire du monde musulman tant au niveau des idées qu’à celui des évènements.

5 /Quel est le thème que vous aimeriez développer si vous avez l´intention de publier un autre livre ?
Le thème que je me propose de développer dans un ouvrage à publier à l’Anep, aura pour ambition de faire mieux connaître l’Algérie, dans son environnement naturel : arabe, africain, musulman et méditerranéen non à travers


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