Bonnes feuilles

Kamel Bouchama

1/ On dit généralement que le lieu de naissance, les origines et les événements de l´époque influencent quelque part l´écrivain. Qu´en pensez-vous et avez-vous été vous-même influencé par cela dans vos écrits ?

Réponse : Je suis tout à fait d’accord avec ce raisonnement et je crois pour ma part que le lieu de naissance, les origines et les événements influencent quelquefois, si ce n’est toujours, celui qui écrit. D’ailleurs, l’on s’accorde à expliquer que tout être humain vit sous l’emprise de son environnement immédiat et que son caractère se forge à partir de l’impact et des incidences de ce dernier. De même que, concernant les origines et leurs conséquences, par exemple, il est clair que celui qui est né dans une ville côtière ne peut s’apparenter, dans ses comportements et, même à travers ses tics – puisqu’on dit que les gens de la mer en ont beaucoup – à quelqu’un qui vient des hauts plateaux ou des fins confins du Sahara. Ce sont des natures différentes et cela se répercute sur les œuvres qu’ils présentent aux lecteurs. Celui de la côte ou «l’insulaire», qui est né à Annaba, Bejaïa, Jijel, Dellys, Cherchell, Ténès, Mostaganem et autres villes côtières, est plus expansif, volubile, exubérant, oisif quelquefois, parlant avec les gestes, mais toujours généreux. Celui des hauts plateaux est plus calme, serein, impassible, pondéré, affable. Quant à celui du Sahara, il est d’une autre nature car l’espace et son infini lui confèrent cette décontraction et le limitent à cette sérénité d’esprit qui s’ajoute à une intelligence, dit-on, qui l’emporte sur les autres qualités.
C’est donc l’origine ou le lieu de naissance qui détermine le caractère et qui façonne la personnalité de l’auteur. A cela s’ajoute, bien évidemment, l’éducation parentale, le milieu dans lequel il évolue et, enfin, les différents événements heureux ou malheureux qu’il a vécus ou qu’il a subis. Dans cet esprit-là, l’écrivain ne peut s’inventer d’autres anthologies, d’autres fantaisies, que celles qui existent en lui, qui sont innées, et qui lui sont commandées par un tempérament qui relève de sa dépendance à l’égard de son environnement immédiat, de son éducation dans tous les domaines et enfin, je le dis encore, de ses liens inévitables avec les événements qui se succèdent à la vitesse qu’on ne peut contrôler.

L’écrivain est celui qui répand des idées et les traduit dans des phrases complètes…, ces phrases qui font des livres et qu’on a du plaisir à dévorer quand nous nous plongeons dans la lecture. C’est quelqu’un qui nous comble d’informations, et nous fait revisiter notre passé et nos ancêtres, quand il aborde des sujets d’Histoire. C’est quelqu’un qui nous raconte notre vécu et qui nous transmet, et à la postérité, la vie des peuples et des autres vivants sur notre planète. C’est celui qui met dans l’ouvrage une grande partie de ses effusions, de sa conception et de sa perception des choses, de ses pulsions et de ses tendances. Et c’est dans cet univers, tout en sentiments, qui le lie à sa région, à sa ville natale, aux différents événements dont il a été peut-être l’acteur, le spectateur, le bénéficiaire ou la victime, qu’il aborde des sujets dont on sent le caractère qui se dégage à travers les pages, reflétant quelquefois ou souvent des émotions qui sont solides, permanentes et résistantes au changement. C’est dire que le caractère de l’homme est invariable ! C’est ce qui fait la personnalité de l’écrivain et qui le classe dans tel ou tel mode d’écriture, dans telle ou telle catégorie de personnes par rapport à une société d’intellectuels et de savants.
Maintenant, ai-je été influencé par cette appartenance dans mes écrits ? Ma réponse est oui. Et comment pourrais-je nier une évidence pareille ? Comment pourrais-je me détacher d’un climat que je vis constamment et qui fait mon environnement de tous les jours ? Je m’explique. Comment me dérober d’une aire où foisonnent les aspects négatifs, comment ne pas prendre conscience dans une atmosphère difficile que vit notre pays, comment me disculper d’une situation en deçà de nos espérances, alors que j’ai été, à un moment de l’Histoire, aux premières loges parmi les dirigeants de l’Algérie ? Pour cela, j’ai le courage de m’expliquer ou de m’assumer – c’est selon – dans un de mes écrits. Je reprends ce paragraphe qui est bien mis en évidence et que je cite : «Je le dis consciemment, car moi aussi je me sens entièrement responsable de cette situation, au même titre que tous les autres responsables. N’étais-je pas, pendant des années, membre de la Direction politique du pays et ministre de la République, pour me soustraire à ce jugement, hélas désespérant ? Oui, je me sens responsable, ou mieux encore coupable, au même titre que les autres. C’est pour cela que je m’implique dans le débat et j’assume entièrement ma «culpabilité», parce qu’il fut un temps où je n’ai pas eu cette hardiesse et ce courage de parler quand il le fallait.»
Cette influence de «l’homme politique» me colle à la peau. Elle est visible à travers le contenu de certains de mes livres. Et là, le lecteur aura une idée plus ou moins précise des impulsions qui m’animent dans un mouvement continu qui me met au devant de l’actualité, chaque fois que de besoin, en tout cas dans plusieurs occasions quand je me présente sur la scène nationale.
Bien avant cela, quand j’ai écrit ma première nouvelle, je n’ai fait que traduire une certaine amertume que je gardais depuis ma prime jeunesse. C’était un violent tableau, tragique, déchirant même, qui m’est resté depuis la guerre de libération nationale et que j’ai repris dans un écrit pour raconter le drame du peuple algérien et la bravoure de nos vaillants combattants.
Cela dit, l’influence est totale chez moi. Elle se répercute dans tous mes écrits et cela à partir de mes origines d’enfant de la mer où mon subconscient traduit dans une volubilité, doublée de générosité d’esprit et de générosité tout court, des tableaux d’une parfaite fidélité. Ainsi, je dis que pour écrire il faut être généreux, il faut savoir donner sans jamais rien attendre de quelqu’un et surtout ne jamais avoir peur d’être jugé…

2 / Qu´est-ce qui vous a poussé à écrire et dans quel courant de pensée écrivez-vous ?

Réponse : Ce qui m’a poussé à écrire, c’est cette envie de communiquer, d’être utile et de servir autrui. C’est cette volonté de contribuer au débat qui s’instaure dans un pays comme le nôtre. Je m’investis par l’écriture, indépendamment de cette ivresse et de ce plaisir que j’éprouve devant des sujets que je traite, que je pétris, avec passion, pour les présenter dans des ouvrages qui restent. Oui qui restent pour la postérité. C’est cela l’attrait de l’écriture. Mais avant de répondre directement à votre question, je voudrais vous dire à quel point je me trouve à l’aise quand je suis en plein dans le «griffonnage». En effet, je me sentais bien, hier, quand je noircissais des feuilles blanches et quand, avec mon stylo à plume que je trempais dans l’encrier – car j’aime l’encre et la plume –, je concevais de belles phrases que je relisais, corrigeais et remaniais constamment. Aujourd’hui, également, je suis à l’aise devant mon ordinateur, depuis que j’ai perdu malheureusement cet amour de la plume. Je dis malheureusement, parce qu’avec la plume je sentais comme un lien direct, sensuel même, qui rapprochait mon cerveau de ma main pour lui commander de façonner, dans le beau vocabulaire, des idées qui deviennent encore plus belles avec cette osmose de sentiments et de volonté créative.
Maintenant, qu’est-ce qui m’a poussé à écrire ? Tout simplement, au risque de me répéter, parce que j’aime l’écriture, c’est mon «dada», comme on dit, c’est mon «violon d’Ingres». J’écrivais depuis longtemps…, depuis ma prime jeunesse. Et je n’ai pas fait contre mauvaise fortune bon cœur, comme s’exprimaient, il y a des siècles, «Les Prisonniers de Plaute». En d’autres termes, je ne me suis pas intéressé à l’écriture après ma sortie du gouvernement, comme voulait l’insinuer quelqu’un pour me taquiner…, ce en quoi je me suis investi dans ce créneau – toujours d’après lui et certainement d’autres – pour oublier mes malheurs ou, peut-être, pour me venger et surmonter cette frustration du «recalé». Cela est complètement faux et ne reflète aucunement mon éducation. Ce qui m’a poussé à écrire, il y a très longtemps, c’est ce plaisir de m’extérioriser, de partager mes joies et mes peines avec ceux qui me lisent, d’être à l’écoute de la société pour être en mesure de traduire fidèlement ses embarras, ses souffrances, et livrer tout ce qu’elle aurait souhaité là où il est impossible pour elle d’y accéder. J’écris enfin parce que j’ai des choses à dire.
Ainsi, ma première livraison, Ciel sombre, une «nouvelle» que j’ai publiée dans le magazine Jeunesse de la JFLN, date de 1969. Dans Révolution Africaine, du temps de Lazhari Cheriet, ou dans El Moudjahed, l’Organe central du FLN, en langue nationale, du temps des Bouarroudj et Si Fodhil, j’écrivais des papiers de fond et cela à partir de 1971, aux côtés de jeunes journalistes qui, aujourd’hui, dirigent de grands quotidiens et d’importants hebdomadaires. Inutile de les citer, ils sont nombreux.
Par la suite, la muse, cette grande inspiratrice, m’a conseillé d’aller plus en avant, plus loin, dans ce que je pouvais donner de bonne grâce, puisque j’avais du temps, beaucoup de temps… Et là, j’ai pensé aux jeunes, à cette «génération de laissés-pour-compte», à ceux-là qui, malgré de grands vœux des dirigeants, demeurent toujours dans le besoin et vivent l’indifférence que conforte le langage démagogique de ceux qui ne tiennent jamais leurs promesses.
Mon premier livre affirmait, dans sa première page, après le titre, je cite : «J’écris pour les jeunes, les autres ne m’intéressent pas parce qu’ils connaissent la vérité…» Là, je me situais vis-à-vis des événements et des hommes. Après ce livre, d’autres sont venus…, c’était une porte ouverte à la production littéraire. J’en suis à mon quatorzième livre, à l’heure où je réponds à vos questions. Quatre ouvrages, qui sont déjà achevés, attendent d’être publiés.
Cependant, vous voulez savoir dans quel courant de pensée j’écris ? D’abord, je ne me suis pas spécialisé dans un genre d’écriture pour me permettre d’appartenir à telle ou telle tendance idéologique qui, elle-même, représente un courant de pensée désignant une synthèse des idées, des théories et des valeurs. Je ne pense pas rentrer dans ce «corpus de références idéologiques» qui définit, selon les spécialistes de la littérature, les grands courants de pensée. J’écris dans tous les domaines. Je suis comme polyvalent – je ne sais pas si cela se dit en termes littéraires –, car j’ai des ouvrages qui traitent de la culture, de l’Histoire, de la sociologie et enfin de la politique.
Ce que je cherche dans mes écrits, pour l’instant, tout petit que je suis, c’est raconter le monde qui nous entoure et répondre, si possible, à des attentes ou, à tout le moins, à des questions fondamentales. Suis-je un communicateur lorsque je présente des écrits sur l’événementiel ? Suis-je un polémiste – certains m’ont désigné ainsi –, ce en quoi je ne me vois pas exactement dans cette catégorie, même si je dénonce de façon acerbe, quelquefois, ce qu’il y a d’anormal chez nous, c’est-à-dire les travers de notre temps. C’est vrai que mes écrits, dont la plupart se réfèrent à la politique et à la société, essayent par tous les moyens de battre en brèche cette vue confuse de la vérité, celle que nous vivons à l’ombre d’un climat délétère. Ainsi je dis, dans quel courant de pensée, vais-je être classé quand je refuse le mal et l’immoralité des «salauds», comme le disait Jean-Paul Sartre ?
Pour l’instant, j’écris avec sincérité et honnêteté, et ce sont, à mon avis, les seules réalités dignes de ce nom, les seules sources, sinon les seules mesures de toute valeur. Plus tard, puisque je commence déjà à écrire des romans historiques et des romans tout court, pourrais-je me positionner dans un courant de pensée ?

3 / En quelques mots, présentez-nous votre production parue aux éditions ANEP.

Réponse :
J’ai deux ouvrages avec l’ANEP, j’allais dire deux beaux ouvrages, auxquels je tenais coûte que coûte à ce qu’ils soient publiés. Je remercie l’ancien directeur M. Bouabdallah d’avoir accepté d’éditer le premier, comme je remercie l’actuel M. Boucenna d’avoir également publié le deuxième. Quant au premier, La JFLN, un passé glorieux, un avenir interrompu… est un hymne à la jeunesse. Je l’ai voulu important, imposant, quand je cite beaucoup de noms et d’événements pour raconter cette aventure magistrale qu’a connue l’Organisation de la Jeunesse, à travers ses préoccupations, ses ambitions mais aussi ses réussites. Ainsi, les différentes péripéties d’un long parcours qui sont contées dans cet ouvrage ont la saveur d’une épopée qui témoignera du militantisme de la JFLN, au cours de l’une des périodes les plus engagées, les plus brillantes et les plus productives de la jeunesse algérienne.
Le deuxième ouvrage, Messaâdia, l’homme que j’ai connu, m’a été commandé par ma fidélité aux hommes de ce pays, que j’ai bien connus et qui, par malveillance, ont fait l’objet de sévères critiques. Mohamed-Chérif Messaâdia a été l’une des personnes les plus touchées par des jugements trop sévères et même par les insultes de la part de l’opinion publique, qui l’a diabolisé. Les hauts responsables, eux aussi, ont leur part de responsabilité. Ils l’ont violemment vilipendé et injustement méprisé. Ce sont eux qui ont créé cette mauvaise réputation qui ne colle point avec la personnalité de Si Mohamed-Chérif.
A partir de là, j’ai écrit cet ouvrage et je devais le faire, bien après sa mort pour ne pas être traité d’adulateur ou de quelqu’un qui attend tout simplement quelque chose en retour. Alors, j’ai tenté de saisir la personnalité d’un homme politique majeur durant les trois premières décennies de l’Algérie indépendante. C’est vrai qu’il s’agit là d’une gageure d’autant plus que très peu de gens qui l’ont côtoyé peuvent se targuer de connaître le personnage sous ses multiples facettes.
Ainsi, mon écriture s’est faite suite à un vrai travail de mémoire. J’ai essayé de rassembler plusieurs moments de vérité qui m’ont marqué lorsque j’étais aux côtés de Si Mohamed-Chérif Messaâdia. Je n’ai pas tout révélé bien sûr, j’ai beaucoup plus relaté des faits sur des choses qui se sont passées entre lui, l’ancien président de la République, Chadli Bendjedid, le Premier ministre et moi-même, étant donné que j’étais son collaborateur. A travers lui, j’ai cité beaucoup d’événements qui, je pense, appartiennent à la mémoire collective.
Enfin, j’ai eu l’honneur d’être préfacé par Monsieur le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et l’ami personnel du défunt Messaâdia.

4 /Dans vos différentes lectures, quel est l´ouvrage qui vous a le plus marqué ?

Réponse :
C’est vrai que dans le domaine de la littérature il y a toujours une œuvre qui vous marque le plus. Est-il de même pour toutes les productions culturelles et artistiques qui sont constamment en perpétuelle évolution ? Peut-être, en tout cas, si avant, nous restions en admiration devant une toile ou une autre production dans le domaine de l’art, comme une admirable composition chorégraphique ou un fascinant morceau de musique, ou devant un best-seller qui défiait la chronique et que nous aimions pour son contenu et les messages qu’il transmettait, aujourd’hui, les œuvres sont tellement nombreuses et les facilités d’octroi tellement disponibles que nous n’avons même pas cette impression d’être fascinés par tout ce qui est produit dans le cadre de la culture. Nos goûts sont ainsi faits, ils sont victimes de ce mouvement inexorable vers l’esprit du luxe, de la concurrence et de la vitesse.
Quant à moi, j’ai beaucoup lu et je lis toujours. Alors dois-je m’arrêter sur un ouvrage seulement, ce qui me paraît par trop restrictif, pour vous dire que c’est celui-là, par exemple, qui m’a le plus marqué ? C’est vrai qu’il y a plusieurs ouvrages que j’ai appréciés jusqu’à en être marqué, subjugué même. Il y a notamment les classiques, dans les deux langues, ces merveilles qu’on ne peut ne pas aimer, comme par exemple celles d’El Djahidh, El Moutanabbi, Abou El ‘Alâi El Maâri, ou Taha Hussein, ou celles des Molière, Racine, Corneille les auteurs de la Pléiade, ou encore Montaigne, Victor Hugo, Baudelaire et Lamartine.
Il y a aussi ces souvenirs indélébiles d’enfance qui vous marquent quand, alors élève à l’école primaire, on vous fait aimer les œuvres de Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers, L’Ile mystérieuse, Les Enfants du Capitaine Grant et Michel Strogoff, ou ces autres, à la «médersa», quant nos maîtres nous incitaient à lire les Kalila oua Dimna et plusieurs classiques de notre âge.
Aujourd’hui, la littérature a changé avec le modernisme. Certes, il y a beaucoup de production, de la bonne production, mais peu de classiques comme ce fut un temps, parce que les moyens modernes de communication ont envahi le marché et nous ont entraînés dans une spirale où priment l’empressement et la concurrence au quotidien. Ainsi, la diversité de ces moyens, leur rapidité, leur efficacité certainement, nous ont rendus moins exigeants dans le domaine de la lecture, comme nous le fûmes avant. Je disais qu’à l’école, et plus tard au lycée, il était de rigueur qu’on lise des ouvrages constamment et qu’on s’imprègne des contenus et du style. Présentement, Internet a pris le relais et les phrases que confectionnent nos élèves, dans toutes les langues, sont moins «cossues», moins fascinantes, elles sont plutôt concises, dans le sens de laconiques et insipides.
Cependant, avec tout cela, je vous mentirai si je vous disais que je ne suis pas marqué par un quelconque ouvrage ou plus exactement par plusieurs. Ce serait un grand égoïsme de ma part, plus encore du narcissisme ou, peut-être bien, du nihilisme à l’égard de certains «géants» de la littérature contemporaine. Il y a certes des auteurs qui me font vibrer et d’autres qui m’obligent à les lire, parce qu’ils disent vrai tout en écrivant bien.
Dans ce contexte il me plaît de citer, chez mes auteurs préférés, les Œuvres de l’Imam Mohamed El Bachir El Ibrahimi, les poésies de Mohamed El Aïd Al Khalifa ou encore les œuvres des Moyen-Orientaux, Mustapha Lotfi El Manfalouti, Jorgi Zeïdane, Mikael Nouâïma, Ilia Abou Madhi, May Ziada.
Pour ce qui est des œuvres en langue française, il y a celles de Mohammed Dib La grande maison et L’incendie, celles de Kateb Yacine Nedjma et cette magnifique pièce de théâtre Mohammed prends ta valise. Il y a aussi ce fameux «diwan» de Nezzar Kebbani qui ne me quitte jamais et, bien entendu, Federico Garcia Lorca, Le Rossignol de l’Andalousie, dans son théâtre et ses poésies.
Je ne serai pas juste si je ne vous dis pas que j’aime également tous ceux parmi les auteurs de ma génération qui font le maximum pour présenter du beau travail et contribuer, comme je le fais, à l’essor du vaste domaine culturel.
Voyez-vous, quand on aime la littérature et lorsqu’on écrit, on réussit à se faire des amis, beaucoup d’amis, à travers des œuvres immortelles qui vous font vibrer de plaisir et qui vous font oublier la désuétude qui vous envahit et l’ignorance qui persiste dans des milieux où «s’épanouissent» malheureusement, à la place de ces vénérés hommes de lettres et de sciences, les magouilleurs, les analphabètes et les corrompus.

5 /Quel est le thème que vous aimeriez développer si vous avez l´intention de publier un autre livre ?

Réponse : C’est une question que je voulais qu’elle me soit posée. Pourquoi ? Eh bien, je disais dans une précédente réponse que je ne me distingue pas dans un genre d’écriture, en d’autres termes, dans ce «corpus de références idéologiques» définissant les courants de pensée. J’écris pour informer, pour instruire, pour communiquer avec les jeunes qu’on a souvent trompés, peut-être délaissés, j’écris quelquefois pour «crier sa colère, pour dénoncer le mal, pour exorciser la haine, pour défendre les principes et célébrer la justice». Mon avant-dernier ouvrage : Ne m’en voulez pas, le rêve est gratuit ! est un roman sur fond de pièce théâtrale. Telle est la trame atypique de ce livre qui se veut à l’image d’un vécu collectif marqué par une chaîne ininterrompue de drames étalés sur des siècles.
Cela dit, je pense, ou plutôt je souhaite avoir terminé avec le domaine politique, que j’ai embrassé par «déformation professionnelle», si je puis m’exprimer ainsi, car je n’ai plus l’intention d’aller constamment au charbon ou de faire du «Donquichottisme» devant un monde, et surtout devant des responsables insensibles à toute volonté de changement, par la mise en place de réformes profondes et sincères. J’ai l’impression qu’il faille bien s’orienter vers plus de concret et laisser pour la postérité quelque chose qui se tient, qui marquera la présence de l’individu dans le contexte culturel et historique.
Je vous signale que très prochainement deux livres d’histoire et un roman-fiction, ce dernier est en relation, bien sûr, avec notre vie de tous les jours, paraîtront sur le marché. Je suis content d’avoir réussi à cet examen de passage qui est dur, je vous l’assure… Cette résolution m’encourage à poursuivre sur ces thèmes et à y persister car c’est là où se situent la véritable création et le génie de l’écrivain.


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